L’émancipation au coeur de l’apprentissage: L’histoire de Sangeeta

Être douée en mathématiques est parfois une question de genre. Non pas parce qu’une fille est moins capable ou moins douée qu’un garçon. Mais simplement parce que, pour une adolescente comme Sangeeta, qui vit dans un village isolé près d’une plantation de thé au Sri Lanka, se déplacer seule à pied ou en transport pour suivre des cours supplémentaires de mathématiques peut être risqué.

Sangeeta, âgée de 14 ans, est en neuvième année. Elle a un frère aîné et sa petite sœur est en huitième année. Ses parents travaillent dans une plantation de thé et ne sont pas souvent à la maison.

“J’étais mauvaise en mathématiques et en sciences, donc mes notes aux examens n’étaient pas bonnes malgré mes bons résultats dans toutes les autres matières. Mes parents ne peuvent pas se permettre de m’envoyer suivre des cours particuliers, et en tant que jeune fille, j’ai peur de voyager seule, je ne me sens pas en sécurité.“

La crise économique au Sri Lanka affecte de manière disproportionnée les enfants issus de milieux socio-économiquement défavorisés ou marginalisés, tels que les communautés de travailleurs des plantations de thé, situés au bas de l’échelle de la société sri-lankaise. Les élèves en situation de précarité accumulent un retard 57% supérieur par rapport aux élèves les plus favorisés, ce qui entraine des répercussions à long terme de la crise économique et alimente le cycle de pauvreté générationnelle au Sri Lanka.

Sangeeta fait partie des milliers d’enfants participant à l’initiative Child Friendly Safe Spaces, menée par les sœurs du Bon Pasteur avec le soutien de GSIF dans les communautés rurales de Walawa et Waleboda, dans le district de Balangoda, et dans les communautés côtières de Mankerny et Vaharai. Les différentes activités organisées dans ces espaces sûrs permettent aux enfants de continuer à étudier et favorisent leur bien-être général, tout en leur donnant les moyens de se protéger. Des activités telles que des expositions de dessin, des concours, des pièces de théâtre et des ateliers de fabrication de posters contribuent à renforcer leurs connaissances et leurs compétences.

“Je suis heureuse de participer à de nombreuses activités quotidiennes dans le « Safe Space », et je bénéficie de cours supplémentaires en mathématiques et en sciences, destinés également à améliorer ma méthode d’étude.” partage Sangeeta. “J’apprends les mathématiques et les sciences sans crainte, et la méthode d’enseignement est adaptée aux étudiants et facile à comprendre. Au dernier trimestre, j’ai obtenu 50 en sciences ; ce trimestre, 64 ; en mathématiques, 60.”