Maman Tshikut Kayakez Albertine, 49 ans, ou Maman Kaya comme on l’appelle communément, vit avec sa mère et ses neuf enfants, sept garçons et deux filles. Ella a perdu son père, qui était tailleur. On peut encore voir ses vieilles machines à coudre traînés aux quatre coins de la maison et près de l’entrée principale. Le métier bien aimé de son père, qui subvenait aux besoins de la famille, n’est plus qu’un souvenir. Maman Kaya n’aurait jamais imaginé que ce métier deviendrait le sien, mais compte tenu de la situation désespérée dans laquelle elle se trouvait après le décès de son père, elle n’a pas eu le choix.
« Je n’ai pu étudier que jusqu’en 5ème car ma mère n’avait pas les moyens de payer mes frais de scolarité après le décès de mon père. Comme je n’allais plus à l’école, à 18 ans, j’ai dû me marier. »
Le mari de Maman Kaya l’a ensuite abandonnée elle et leurs enfants, il y a plusieurs années de cela.
« Lorsque j’étais encore avec mon mari, il m’avait aidée à lancer une petite entreprise qui vendait des produits comme de l’huile de cuisson, du sel, du sucre, des épices, de la farine, des biscuits, des bonbons, du boeuf salé et d’autres produits alimentaires. En 2014, mon mari a décidé de nous quitter, les enfants et moi. À l’époque, le plus jeune n’avait que six mois. Il a emporté avec lui l’entièreté du magasin ! Il nous a laissés seuls, désespérés. J’ai été obligée de mendier de la nourriture pour garder mes enfants en vie. Ce fut tellement difficile pour nous. »

Malgré les difficultés, Maman Kaya a courageusement assumé le rôle de cheffe de famille. Elle fait aujourd’hui à la fois de la couture et de la pâtisserie. On peut souvent la voir très occupée dans son atelier de couture au complexe du Bon Pasteur à Kanina, pétrissant la pâte et alimentant les fours pour faire du pain, qui sera ensuite vendu à la communauté voisine.
« Pendant que nous luttions, d’autres femmes du quartier m’ont parlé de la formation proposée par le Bon Pasteur destinée aux jeunes filles et aux femmes. Je me suis rendue à leur bureau où ils m’ont interviewée, enregistrée avant de me demander d’attendre quelques jours. J’étais tellement heureuse quand ils m’ont finalement appelée pour le cours de couture. »
Une fois la formation terminée, Maman Kaya a demandé à sa mère de l’aider à trouver de l’argent pour acheter une nouvelle machine à coudre et démarrer une petite entreprise de couture sous la véranda de la maison.
« J’ai ouvert un petit magasin grâce auquel j’offre maintenant des services de couture. Je recouds des vêtements et crée de nouveaux modèles pour mes clients. Parfois, quand un client me demande un design que je ne connais pas bien, je vais simplement demander de l’aide aux enseignants du Centre de formation du Bon Pasteur : ils sont toujours prêts à apporter leur expertise et leurs conseils. » En plus de la couture, elle a également suivi un cours de boulangerie pour diversifier ses revenus.

Maman Kaya nous raconte avec un grand sourire que, grâce au soutien du Bon Pasteur et GSIF apporté à sa famille et sa communauté, ses enfants peuvent désormais recevoir une éducation. L’initiative de Bon Pasteur d’inscrire ses enfants à l’école apporte à Maman Kaya une immense joie.
« Il est toujours difficile pour une femme de nourrir ses enfants ou de les emmener à l’école car elle risque de sombrer dans la dépression en raison de son impuissance et de son manque d’autonomie.
Nous n’avons plus à lutter pour travailler dans les mines de cuivre et de cobalt, même les enfants travaillaient dans les mines, ce qu’ils ne font plus ! Grâce à la formation, nous avons eu la chance de pouvoir fonder nos propres entreprises ou trouver un emploi. Je ne suis plus autant en difficulté qu’avant. »

