Nathan, RDC

Les enfants issus de milieux défavorisés sont plus susceptibles de grandir dans la pauvreté, pris au piège d’un cycle intergénérationnel. Ils manquent souvent de ressources financières et de soutien pour aller à l’école et ont donc peu de chances de se réaliser pleinement. Ils sont également plus exposés au risque d’exploitation et de travail forcé et sont plus susceptibles de toucher un faible revenu une fois adultes. Ce cycle imparable limite leur avenir et ne leur offre aucune possibilité de réaliser leur plein potentiel.

À Kolwezi, en RDC, la majorité de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, malgré la richesse du pays en ressources naturelles. Là-bas, la pauvreté pousse les enfants à travailler par nécessité : l’éducation est vue comme un gaspillage d’argent et d’opportunités puisque les enfants peuvent soutenir leur famille en gagnant de l’argent, aussi maigres les revenus soient-ils, en tant que vendeurs de rue ou dans les mines. Pourtant, l’éducation reste l’outil le plus puissant pour briser le cycle de la pauvreté et élever les jeunes filles et garçons issus de milieux défavorisés : elle constitue le socle du développement durable et permet aux individus de s’émanciper économiquement en leur offrant un travail digne, qui leur permet de réaliser leur plein potentiel.

L’histoire de Nathan, 24 ans, en est un exemple : issu d’un milieu défavorisé, il a dû quitter l’école et a été contraint de travailler dans les mines à l’âge de 7 ans, après le décès de sa mère et alors que les revenus de son père étaient trop faibles pour subvenir aux besoins de la famille. Il a passé des mois à travailler dans les mines de cobalt, pour un salaire de misère et au péril de sa santé et de sa sécurité. Mais Nathan n’a jamais abandonné son rêve de retourner à l’école. Il avait 14 ans lorsqu’il a rencontré M. Pierre, qui travaille pour notre partenaire local Bon Pasteur (BP), et a quitté son travail dans les mines pour s’inscrire à l’école Bon Pasteur. Cette éducation non formelle lui a permis de réintégrer plus tard le système scolaire formel, où il a décidé d’étudier la pédagogie :

 

Tout au long de ses études, Bon Pasteur a continué à soutenir Nathan et à suivre de près ses progrès. Après avoir obtenu son diplôme de fin d’études secondaires, Nathan a passé un examen de qualification pour devenir enseignant à l’école BP de Kolwezi et a rejoint le corps enseignant. Il a appris à encadrer ses élèves et gagne aujourd’hui correctement sa vie. Non content de s’arrêter là, Nathan a décidé de suivre des cours du soir à l’université afin de poursuivre sa formation. Son parcours a inspiré ses frères et sœurs : Nathan a récemment accompagné l’une de ses sœurs, qui partage sa passion pour l’apprentissage, et l’a aidée à s’inscrire dans un centre de formation où elle peut améliorer son français et acquérir de nouvelles connaissances et compétences essentielles lui permettant de reprendre sa vie en main.

L’éducation est le levier le plus efficace pour sortir de la pauvreté : elle permet aux individus d’acquérir des compétences et des connaissances essentielles afin d’atteindre l’indépendance économique et, en développant leur esprit critique et estime de soi, elle leur donne les moyens de participer activement à la vie de leur communauté. Nathan a compris que l’éducation pouvait changer des vies et c’est pourquoi il a décidé d’étudier la pédagogie, souhaitant mettre à profit ses compétences et utiliser le pouvoir de l’éducation pour améliorer les conditions de vie des enfants de sa communauté.