Imaginez ce que cela signifie pour une jeune fille d’avoir un espace dans lequel elle se sent en sécurité pour apprendre, de jouer et s’amuser avec d’autres enfants déplacés, comme elle, alors que tout le reste de sa vie est incertain. Alors que sa famille ne sait pas si elle aura de quoi manger le lendemain ou si elle retournera un jour dans la maison qu’elle a été forcée de quitter à cause de la guerre.
Au Liban, malgré la fin des hostilités, plus de 125 000 personnes ont été déplacées et des centaines de milliers d’entre elles cherchent à rentrer chez elles. La destruction des habitations et des infrastructures essentielles continue d’avoir un impact sur les personnes touchées par le conflit, qui a fait 4 000 morts, 16 000 blessés et plus d’un million de personnes déplacées. Les services sociaux et de santé sont débordés, et le sentiment d’anxiété et la perte d’être chers pèsent lourdement sur le bien-être psychologique de la population, en particulier des enfants, qui portent les blessures invisibles d’un traumatisme qui peut encore durer des années.
En temps de crise, l’éducation est plus qu’une simple question d’apprentissage, c’est une bouée de sauvetage. Elle apporte un sentiment de normalité, de stabilité et d’espoir. Pour les enfants et les jeunes, l’accès à l’éducation en situation d’urgence est aussi vital que la nourriture et l’aide médicale. L’éducation leur permet d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires pour surmonter les difficultés, renforcer leur résilience et rêver d’un avenir au-delà des conflits. Assurer une éducation continue, que ce soit par le biais de l’enseignement formel ou de possibilités d’apprentissage alternatives, est essentiel pour reconstruire leurs vies et celles de leurs communautés.
Nahed, éducatrice et enseignante à l’école Hammana, a été témoin du pouvoir transformateur de l’éducation. Dans un pays où 60 % des écoles publiques ont été converties en abris et où quelque 400 écoles restent fermées pour des raisons de sécurité, elle constate que l’éducation aident les enfants à guérir, à se reconstruire et à aller de l’avant :
L’éducation sauve des vies en situation de crise. Lorsque tout s’écroule, une salle de classe est plus qu’une simple pièce – c’est un lieu d’espoir et de guérison. Ces enfants ne se contentent pas de survivre. Ils apprennent à se reconstruire. Chaque leçon est une petite victoire contre le traumatisme. Nous ne nous contentons pas d’enseigner les mathématiques ou la lecture ; nous leur montrons que leurs rêves comptent, malgré le bruit des bombes qu’ils entendent au loin. Au milieu du chaos, une simple histoire ou un problème de mathématiques peut redonner à un enfant un sentiment de normalité. L’apprentissage devient une façon de dire : « Tu existes au-delà de ce moment. Tu as un avenir. » L’éducation est notre outil le plus puissant pour changer le monde. Ce n’est pas seulement une question d’enseignement, mais de guérison. Pass seulement d’information, mais de protection.
Les enfants ne devraient jamais être privés de leurs droits fondamentaux, encore moins en situations de crise. Malheureusement, cela arrive encore bien trop souvent. Les interventions des Sœurs du Bon Pasteur redonnent espoir aux enfants libanais injustement privés de leur droit à l’éducation depuis des mois. L’éducation leur permet non seulement de reconstruire leur vie, mais aussi l’avenir de leur pays. Dans un monde confronté à une augmentation inquiétante des conflits, catastrophes naturelles et crises, GSIF continue de soutenir ses partenaires sur le terrain pour protéger et promouvoir le droit à l’éducation et permettre aux enfants du Liban et d’ailleurs d’acquérir des compétences et connaissances qui leur permettent de construire d’un avenir meilleur.

