Mala, 18 ans, originaire du Chyoang, Biruwa, Gorkha, Nepal, n’a pas eu la chance de grandir dans un foyer aimant. Son enfance et son adolescence ont été marquées par la violence et le délaissement de ses parents. A leurs yeux, son rôle se limitait à travailler, obéir et subvenir aux besoins de la famille; au moindre écart, elle était sévèrement punie, subissant bien souvent de la violence de leur part.
Elle aimait pourtant l’école et prenait plaisir à apprendre, mais les tensions familiales et la violence subie au quotidien ont fini par la contraindre à abandonner ses études. Privée de soutien parental, elle vivait sous une pression constante, rythmée par des disputes incessantes. Un jour, n’en pouvant plus de porter ce fardeau, elle finit par craquer : elle décida de tout quitter, l’école comme son foyer, et de s’enfuir de chez elle.
Démunie, Mala a fini par trouver refuge à Pokhara, contrainte de travailler pour s’en sortir. La vie là-bas était un combat de chaque instant : entre les journées de travail à n’en plus finir, la solitude et le découragement. Mala avait perdu sa joie de vivre, elle subissait son quotidien, sans plus oser rêver ni même penser au lendemain.
C’est alors qu’elle a poussé la porte d’Opportunity Village Nepal (OVN). Pour la première fois depuis des années, elle a trouvé un endroit sûr, un vrai refuge. Mala a eu le courage de parler de ce qu’elle a vécu et s’est enfin sentie écoutée, comprise. La thérapie l’a aidée à mettre des mots sur la souffrance accumulée pendant toutes ces années. Grâce aux ateliers et aux groupes de parole, elle a pu se réapproprier son histoire, se lier à d’autres filles qui avaient vécu la même chose et, enfin, réaliser son potentiel et sa valeur.
Mala se souvient encore très bien de la première fois où elle a raconté ce que ses parents lui avaient fait subir. Partager tout ce qu’elle gardait en elle depuis si longtemps a été un immense soulagement, comme si on lui enlevait un poids énorme sur les épaules. Soutenue au quotidien par l’équipe d’OVN, elle a continué à se reconstruire et a fini par retrouver confiance en elle. Le fait de pouvoir partager et de s’être sentie entourée lui a permis, enfin, d’avancer.
Je n’aurais jamais cru quequelqu’unpuisseêtre à l’écoute de ma souffrance. Aujourd’hui, je sens que je peux enfin voler de mes propres ailes.
Chaque femme, chaque jeune fille qui a survécu à la violence emprunte son propre chemin vers la guérison. Mais, pour l’ensemble d’entre elles, l’accès à un soutien psychologique et à un accompagnement digne de ce nom est vital. En écoutant leurs histoires, en les entourant de bienveillance et d’humanité, nous leur permettons de faire ce premier pas essentiel : reprendre le contrôle de leur vie et décider, selon leurs propres termes, de leur avenir.


