La culture comme source de renouveau et résilience au Burkina Faso

Elisabeth, 60 ans, est originaire de l’un des nombreux villages du nord du Burkina Faso tombé aux mains de groupes terroristes il y a quelques années. Pendant trois ans, elle a résisté aux djihadistes mais craignant pour sa sécurité, elle a finalement décidé de fuir vers le sud :

“Le niveau de violence et de cruauté des groupes terroristes était devenu insoutenable… Tout le monde était devenu une cible potentielle, toute la population civile. Ils venaient la nuit, tiraient partout, tuaient et violaient, volaient tout ce qu’ils pouvaient avant de s’enfuir. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de fuir définitivement. ” 

La situation sécuritaire au Burkina Faso s’est considérablement détériorée ces derniers mois. Les djihadistes contrôlent désormais la majeure partie du territoire du pays, leur bastion se trouvant dans le nord-est et s’étendant au sud-est et à l’ouest. En raison de l’insécurité croissante dans le nord, on estime qu’entre 1 et 2 millions de personnes fuient vers les régions centrales et méridionales du pays, y compris vers Bobo-Dioulasso, ville où travaillent les Sœurs du Bon Pasteur. La plupart des réfugiés sont des femmes et des enfants et beaucoup d’entre eux ont subi des violences et traumatismes psychologiques.

Fuyant les violentes attaques terroristes, Élisabeth s’est retrouvée à Bobo-Dioulasso complètement démunie, sans logement, sans emploi ni réseau social pour la soutenir. Elle a perdu son mari dans les attaques et, comme beaucoup d’autres femmes dans sa situation, a dû se débrouiller seule pour subvenir aux besoins de sa famille. À son arrivée, elle a eu la chance de pouvoir rejoindre le programme agricole lancé par les Sœurs du Bon Pasteur.

Ce programme permet aux femmes réfugiées de tirer des revenus de l’agriculture, acquérir des compétences techniques et se construire un nouveau réseau social. La récolte des champs est divisée en deux parties : une partie est distribuée aux femmes et à leurs familles et l’autre partie est vendue au marché local de fruits et légumes. Les revenus issus de la vente sont réinvestis dans l’activité agricole pour acheter des graines, des outils et du matériel, et financer les besoins du projet.

L’activité du camp se développe rapidement et a pour objectif de devenir autosuffisante, avec des revenus partiellement alloués aux activités communautaires et partiellement reversés aux femmes participant au projet, assurant ainsi leur autonomie économique et donc leur intégration sociale.

Aujourd’hui, Élisabeth est la présidente du groupe impliqué dans le projet agricole, parle le dioula, la langue locale de Bobo-Dioulasso, et s’est intégrée avec succès dans la communauté.

Le projet agricole n’est qu’une des nombreuses activités menées par les Sœurs du Bon Pasteur avec le soutien de GSIF,  à Bobo-Dioulasso, dans le Secteur 22, l’un des quartiers les plus défavorisés de la ville. En fournissant un abri et un soutien psychosocial, des formations, services d’éducation et sessions de sensibilisation, le programme a déjà aidé 330 femmes et jeunes filles vulnérables à devenir économiquement indépendantes et à se réintégrer socialement, rompant ainsi le cycle d’extrême pauvreté dans lequel elles étaient piégées.

Empowering women and girls to break free from exploitation