En Inde, les communautés dalits font encore face aujourd’hui à de nombreux obstacles sociaux, économiques et culturels qui les empêchent d’exercer leurs droits et de participer pleinement à la vie en société. Pendant des siècles, ils ont été considérés comme socialement inférieurs et confrontés à la discrimination, à l’oppression et à l’exclusion. Les injustices auxquelles ils et elles font face sont profondes et affectent chaque aspect de leur vie : l’éducation, le logement, le travail, l’accès à la justice et le manque de pouvoir décisionnel. Les femmes et les filles dalits sont particulièrement vulnérables, faisant face à des risques accrus de traite, de violence sexuelle, de mariage précoce et de travail forcé.
Dans ce contexte marqué par des inégalités profondément ancrées, les soeurs du Bon Pasteur et leurs partenaires locaux oeuvrent avec engagement, compassion et courage pour soutenir l’autonomisation socio-économique des femmes dalits et tribales à Chainpur, Karjat, Salem et dans le Madhya Pradesh. Grâce à ce programme, des femmes et des jeunes filles ont formé des groupes d’entraide qui encouragent le soutien mutuel et promeuvent l’apprentissage, tout en renforçant leur capacité à accéder à des aides octroyées par des institutions financières et le gouvernement. Après avoir suivi une formation en gestion et en entrepreneuriat, de nombreuses participantes ont réussi à lancer leur propre entreprise, à développer ou diversifier leurs activités et à améliorer leurs revenus.

Les visites de terrain sont une autre composante essentielle du programme et rendent la formation des participantes plus pratique et immersive . À la fin de l’année 2025, des femmes issues de 13 villages de Chainpur ont rendu visite à une organisation spécialisée dans la provision d’énergie solaire à usage domestique et communautaire, destinée en particulier à l’agriculture et au maraîchage. Mme Alma Ekka, représentante de l’organisation, a partagé avec le groupe les bienfaits du partage des ressources pour un usage appartenant à l’ensemble de la communauté. Elle a également apporté des éclairages précieux sur le fonctionnement et l’utilisation des panneaux solaires, tout en insistant sur leurs avantages en termes de productivité et de réduction des coûts. Pour terminer, elle a présenté le concept de coopérative et les avantages qu’apportent la constitution de ce genre d’entreprise collective. Ces sessions interactives ont permis aux participantes de discuter des possibilités d’action, de partager leurs expériences et de renforcer leur confiance en elles, tout en les invitant à adapter ce mode d’action communautaire à leurs propres contextes.

Mais le programme ne se limite pas à la formation professionnelle et technique. Dans des communautés où les normes sociales et les conventions culturelles renforcent les rôles et attentes traditionnels, les femmes n’ont pas l’opportunité d’exprimer le fond de leur pensée et de participer à la prise de décision, ce qui peut nuire à leur confiance en soi et à la perception de leurs propres capacités. Grâce à des formations sur le leadership, les droits humains et la gestion des émotions, les participantes retrouvent leur estime de soi et leur fierté. Elles sont ainsi plus autonomes et apprennent à défendre leurs droits, faire entendre leur voix et croire en elles-mêmes ainsi qu’en ce qu’elles peuvent accomplir. C’est une condition indispensable pour qu’elles puissent réaliser leur plein potentiel et cultiver leurs talents.
Cette approche globale permet aux femmes d’exercer leur autonomie et de prendre des décisions réfléchies dans le domaine économique, ce qui génère un effet de cascade sur d’autres aspects de leur vie, tels que leur bien-être et leur émancipation sociale. En accédant à un soutien financier, en augmentant leurs revenus et en retrouvant leur estime de soi, les femmes dalits et tribales deviennent des actrices du changement, reprenant ainsi la place qui leur revient de droit au sein de leurs communautés.

