En Indonésie, la violence contre les femmes reste une question urgente. Les incidents de violence à l’égard des femmes et des enfants sont en augmentation ces dernières années et les statistiques alarmantes indiquent la nature structurelle du problème. En l’absence d’un véritable système de protection pour les victimes de violence, autonomiser les communautés et établir des systèmes de protection communautaires sont des étapes cruciales pour garantir la sécurité et le bien-être des femmes et des jeunes filles en Indonésie.
C’est dans cette optique que Good Shepherd Indonesia a mené un projet d’un an à Yogyakarta, Batam, Marau, Ruteng et Jakarta, qui a rassemblé plus de 2 000 participants, parmi lesquels des enfants, des étudiants, des enseignants, des parents et leaders communautaires.

Les membres de la communauté jouent un rôle essentiel dans le développement d’un système de protection à l’échelle locale. C’est pourquoi les équipes de Good Shepherd ont formé des élèves, des enseignants et autres membres de la communauté pour qu’ils deviennent des “éducateurs” : ils ont été outillés pour comprendre les problèmes liés à la violence de genre et aider les élèves à la reconnaître. Véritables moteurs de changement, ces membres de la communauté, une fois formés, peuvent contribuer à sensibiliser la population, renforcer l’état des connaissances en la matière et initier des actions au sein de leur communauté.
Au cœur des activités du projet, les enfants ont acquis des connaissances et développé des stratégies pour se protéger contre le harcèlement et autres types de violence survenant à l’école et à la maison. À travers des activités et ateliers interactifs, ils ont abordé les sujets de la santé sexuelle et reproductive, ont appris à connaître leurs droits et à reconnaître et aborder la violence dans les espaces publics et privés. À la suite de ces sessions, les enfants sont plus enclins à partager leurs opinions et, conscients des problèmes liés à la violence de genre, exigent des actions concrètes pour que leurs droits soient protégés et défendus. L’un des temps forts de ces activités a été la célébration de la Journée internationale des filles, au cours de laquelle 400 enfants à Ruteng et Jakarta ont fait entendre leur voix et partagé avec enthousiasme leurs opinions et expériences.

Principalement destinées aux enfants et jeunes filles, certaines activités ont également été prévues pour les parents. La violence physique et des méthodes disciplinaires sévères sont une façon courante d’exercer l’autorité parentale et maintenir le contrôle dans la sphère domestique ; il était donc crucial de sensibiliser les parents, de remettre en question leurs croyances et attitudes afin qu’ils puissent contribuer à un environnement plus sûr et plus sain à la maison, tout en accompagnant leurs enfants pendant la puberté. Au cours des activités, les parents ont été répartis en différents groupes d’apprentissage pour discuter des causes premières de la violence, du développement adolescent et de la parentalité positive. Ils ont partagé leurs expériences à la maison et ont appris à gérer les conflits et à communiquer de manière transparente et ouverte, favorisant ainsi la construction de relations inter-familiales plus saines.
En plus des efforts visant à autonomiser les communautés, Good Shepherd Indonesia a fourni une assistance directe aux victimes de violence, veillant à ce qu’elles reçoivent le soutien psychosocial et les soins dont elles ont besoin. Les équipes ont également mené des actions de plaidoyer, en travaillant avec des partenaires tels que des ONG locales et des organismes publics, et en participant à des formations gouvernementales.
Ce projet à multiples volets illustre la nature complexe de la violence basée sur le genre et la nécessité d’une action collective pour en venir à bout. En travaillant avec ses partenaires de mission, GSIF s’engage à veiller à ce que les femmes et les filles en Indonésie et ailleurs deviennent autonomes et soient soutenues dans la revendication de leur droit à vivre dans le respect et la dignité.
