Bernice Kalungu, 19 ans, et son frère jumeau, Dembu Kapulu, ont grandi à Tshala, la capitale de la province du Lualaba située dans le sud de la République démocratique du Congo (RDC). Comme beaucoup d’enfants de leur communauté, Bernice et Dembu n’ont pas pu continuer leurs études après avoir fini l’école primaire. « Après avoir terminé la 6e année, nos parents n’avaient pas les moyens de nous envoyer au collège. La seule solution qui s’offrait à nous était de commencer à travailler dans les mines de cobalt et de cuivre. La vie dans les mines était épuisante et dangereuse. Je détestais ça, » continue Bernice. « Les mineurs étaient grossiers et insensibles, et ils maltraitaient souvent les enfants. »
Mais la vie de Bernice et Dembu a pris un tournant inattendu le jour où ils ont rencontré My Enoch, de Bon Pasteur, en visite dans les mines où ils étaient forcés de travailler. « Ma mère m’a inscrite chez Bon Pasteur pour que je puisse être formée. Avant toute formation, ils ont d’abord appris à notre groupe à lire et à écrire. J’ai ensuite suivi le cours de coiffure et de beauté. »
Le parcours de Dembu n’a pas non plus été de tout repos, mais grâce au programme de développement communautaire du Bon Pasteur, il a quitté les mines et s’est inscrit à un cours de soudure. Après avoir terminé sa formation, Dembu a été embauché pour travailler pendant un an dans un atelier de soudure avant d’être rappelé par Bon Pasteur pour devenir formateur pour d’autres jeunes hommes : « Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour je pourrais quitter la maison de mes parents et être capable de subvenir à mes besoins. Grâce aux compétences que j’ai acquises au centre du Bon Pasteur, je peux travailler pour gagner ma vie ; un jour, je me marierai et je pourrai élever ma propre famille convenablement, » explique-t-il.

Bernice possède désormais un salon près du marché principal de Tshala, où elle offre des services de coiffure et de beauté. « La formation de Bon Pasteur a vraiment changé non seulement ma vie, mais aussi celle de mes frères et sœurs plus jeunes qui étudient gratuitement à l’école Bon Pasteur. Je suis maintenant occupée au salon et je n’ai plus besoin de travailler dans les mines, » nous partage-t-elle fièrement. Entrez dans son salon, et vous verrez Bernice dans son élément : avec des gestes rapides et confiants, elle tresse des cornrows, coud des perruques et applique du maquillage en quelques minutes seulement.

À Tshala, les femmes ont un accès limité à l’éducation et ont souvent le sentiment que le mariage est leur seule option pour s’assurer une sécurité financière. « Une jeune femme ne doit pas penser qu’elle doit se marier pour qu’un homme puisse lui apporter tout ce dont elle a besoin dans la vie. Souvent, lorsqu’une jeune femme se marie sans éducation ni compétences particulières, elle finit par être abusée émotionnellement et physiquement, » explique Bernice. « J’ai entendu des maris dire à leurs femmes : ‘Ton travail consiste à rester assise et à attendre que je ramène de la nourriture pour toi.’ De nos jours, lorsqu’une femme se marie et qu’elle possède des compétences particulières, elle peut aider son mari à subvenir aux besoins de la famille. » C’est l’une des raisons pour lesquelles, en plus de gérer son salon, Bernice forme des jeunes filles envoyées par Bon Pasteur et leur transmet ce qu’elle a appris pour leur permettre de reprendre le contrôle sur leur vie et leur avenir.
À l’avenir, Bernice rêve d’élargir les activités de son salon et de former beaucoup plus de jeunes filles et de femmes. Dembu, lui aussi, voit grand. Il souhaite devenir employeur pour aider d’autres jeunes à échapper à des conditions de travail difficiles et à devenir indépendants. Grâce au programme du Bon Pasteur, les jumeaux ont tous deux trouvé un sens à leur vie et veulent maintenant aider les jeunes de leur communauté à avoir accès à de nouvelles opportunités !

